Dossier : La violence au féminin, phénomène caché et problème socio-sanitaire
Dans le cadre du module « Promotion, prévention et éducation à la santé » du diplôme Bachelor en soins infirmiers délivré par la Haute Ecole de Santé de La Source (Lausanne), Sandra Winterhalter et Stéphanie Vachoux ont réalisé leur mémoire de stage au sein de l’association Face à Face.
Les étudiantes nous livrent un regard analytique sur les problèmes socio-sanitaires axés sur la violence et la maltraitance, après avoir étudié le travail de l’association et le public qui y fait appel.
Ce rapport, remarquablement rédigé et conduit sous la direction de C. Ghaber et D. Burnand, se fonde sur une approche d’observation scientifique et d’analyse statistique sur des cas réels où l’association est intervenue.
Télécharger le rapport « La Violence au féminin, phénomène caché et problème socio-sanitaire »
Parmi les conclusions les plus remarquables du rapport des étudiantes, on peut citer :
Sur la sous-représentation des femmes auteures de violences :
Depuis le 1er avril 2004, les lésions corporelles simples, les voies de fait, les menaces, la contrainte sexuelle et le viol constituent des délits poursuivis d’office. [...] peu de femmes y figurent puisque leur types de violence sont plus insidieux et donc plus difficilement décelables. On peut alors comprendre cette sous représentation
Sur la nécessité d’une formation adaptée des forces de l’ordre intervenant dans les conflits conjugaux :
les premières personnes [qui interviennent] lors d’appels à l’aide, soit les policiers, devraient être formés à prendre en charge les femmes auteures de violence et les hommes battus dans les statistiques.
Sur la perception du phénomène et de son importance :
« La représentation des femmes auteures de violences véhiculée dans les médias fait penser que ce sont des cas rares et extrêmes (mères infanticides, complices de pédophiles, etc.). Il existe donc un
grand écart entre la réalité et les idées reçues, ce qui contribue à forger des mentalités difficiles à modifier. En effet, cela génère un modèle erroné autant pour la population entière que pour les
femmes auteures de violence moins visibles. »
Sur le lien entre état de victime et auteure de violence :
Si une femme sur 5 est victime de comportements violents, que la violence est un comportement acquis et reproductible, alors un certain nombre de ces victimes de violence pourraient en devenir les auteures par la suite. (…) Plusieurs études démontrent la recrudescence de comportements physiques violents chez les adolescentes. Sachant toujours que c’est un comportement acquis et que ces demoiselles seront les mères, épouses, employées ou employeurs de demain, alors elles pourraient transmettre à leur tour un mode communicationnel violent.






