A Propos de l’association :
La violence des femmes, un tabou qui ne devrait pas l’être.


La problématique de la violence conjugale et familiale est maintenant reconnue et notre société a mis en place des structures d’intervention et d’accueil à l’intention des victimes et également, depuis peu, pour les personnes qui sont actrices de cette violence. Il est maintenant avéré qu’un travail doit être fait avec les agresseurs afin de rompre le cercle vicieux de la violence et d’éviter sa répétition sur les générations à venir.
La violence commise par les femmes, les mères et les adolescentes est encore
un sujet tabou, non reconnu. Malgré des demandes répétées des femmes et des intervenants des diverses institutions, aucune structure n’avait avant 2001, encore été créée à Genève pour le traitement spécifique des femmes, des adolescentes ou des filles. La souffrance de celles-ci et de leur entourage est de ce fait niée. Elles sont enfermées dans un silence lourd de conséquences pour elles et leurs proches.
Des hommes et des femmes ont recours à la violence, bien que ce phénomène soit plus fréquemment le fait d’hommes. Pour les femmes, leur violence est souvent l’expression d’un débordement dû à leurs nombreux rôles (mère, épouse, travailleuse, etc.), à l’inégalité et à l’isolement social. En effet, il ne faut pas oublier qu’hommes et femmes n’occupent pas des positions équivalentes. Le féminin est dévalorisé; les femmes sont encore trop souvent discriminées.
La violence augmente partout, sous toutes ses formes. Il existe un nombre croissant d’adolescentes qui se livrent à de vraies batailles rangées, cognent sur leurs soeurs, leurs frères, leur mère! Les admissions de l’Hôpital Cantonal voient de plus en plus souvent arriver des jeunes filles frappées et blessées par d’autres JEUNES FILLES.
Pour prévenir cette forme de violence, il est important de travailler simultanément sur les axes d’intervention suivants :
  • offrir une prise en charge thérapeutique spécifique du féminin
  • promouvoir l’information au grand public et aux professionnel(le)s
  • développer la formation des professionnel(le)s
  • encourager la recherche dans ce domaine.
La violence des adolescentes, des femmes et des mères nécessite une prise en charge spécifique, car beaucoup de ces femmes ont été violentées ou abusées dans leur enfance.
Cette spécificité se retrouve :
lors de l’évaluation :
  • pour déterminer si la femme se vit comme victime et/ou actrice de violence
  • par une prise encharge “à la carte” autant groupal, familiale, de couple qu’individuelle
dans le processus thérapeutique :
  • par la prise en compte des violences commises et de celles subies
  • par l’empathie des thérapeutes avec la partie violentée des femmes, tout en responsabilisant celles-ci sur leurs conduites d’agression
  • par une focalisation du travail sur l’estime de soi.
Il apparaît donc essentiel de développer une réflexion générale sur cette thématique et d’offrir un lieu de prise en charge permettant à ces femmes d’élaborer leur problématique de violence. Il est important d’intégrer une réflexion plus large sur l’impact des multiples rôles et des responsabilités auxquelles elles doivent faire face.
C’est pour ces raisons que
l’Association Face à Face a décidé d’ouvrir des groupes thérapeutiques pour les femmes en 2001 et pour adolescentes (13 à 18 ans) dès 2006 avec pour postulats :
  • On ne traite pas une femme comme on traite un homme, ceci à cause du tabou existant sur la violence féminine, de la dévalorisation, de la honte que celle-ci engendre auprès de ces femmes et du déni chez les intervenants(es).
  • Les comportements violents peuvent se répéter d’une génération à l’autre; c’est pourquoi, il est important de considérer la violence féminine au travers des générations.
  • Les tentatives de suicide sont prises en compte au même titre que les autres violences, car il s’agit non seulement de la violence contre Soi mais également de la violence contre les personnes qui nous sont proches.